Le 1er février 2006
Volume 14
Numéro 4
Le Métropolitain
Quand les vins déménagent
Par : Stéphane Fortier
Editeur : Le Métropolitain
Toronto-
Le restaurant français Le Sélect Bistro et ses partenaires Jean-Jacques Quinsac et Frédéric Geisweller se trouvent dans un étrange imbroglio depuis quelque temps.
Récemment, l’établissement a changé d’adresse et, dans le domaine de la restauration, les vins sont toujours licenciés et rattachés à une adresse particulière.
Lors d’un déménagement, par la force des choses, l’équipement et la cave à vins changent également d’adresse, et il faut dès lors obtenir une nouvelle licence. Là où le bât blesse, c’est que le restaurateur doit, pour avoir le droit de vendre les vins qui se trouvaient dans l’ancienne cave, vendre ses vins à la LCBO qui les lui recèdera au même prix. Jusque-là, pas de problème si ce sont des vins qui sont vendus par la LCBO ou autorisés par l’agence gouvernementale (LGCO) qui délivre les permis d’alcool aux restaurants en Ontario. Cependant, quand le restaurateur possède des vins de collection, achetés chez des producteurs indépendants et qui ne sont pas vendus par la LCBO, cette dernière peut les acheter, mais ne peut les revendre, en l’occurrence au restaurateur qui les lui vend, car le produit doit paraître dans le catalogue de l’agence gouvernementale. Le restaurateur peut donc déménager ses vieux vins de collection, mais ne peut pas les vendre à sa clientèle puisqu’il ne peut obtenir de licence.
Pour Frédéric Geisweller, la problématique est on ne peut plus ridicule. « Nous n’avons franchi que 500 mètres, soit de la rue Queen à la rue Wellington, et nous ne pouvons offrir nos excellentes bouteilles à notre clientèle », affirme M. Geisweller qui précise que cette précieuse collection de vins a été achetée sous une autre licence que les vins qu’il s’est procurés par le biais de la LCBO.
Selon la LCBO, il n’y a pas lieu de s’inquiéter puisque tout devrait rentrer dans l’ordre avec l’aide technique et les démarches entreprises par cette dernière. « Nous avons identifié 20 % de la collection du Sélect Bistro qui n’avait aucune documentation. Les recherches ont été effectuées pour trouver les dossiers correspondants et nous transmettrons les données à la LGCO », explique Danièle Gauvin, chef de service aux communications à la LCBO. Cette dernière avoue qu’une telle collection est plutôt rare et que les recherches sont plus ardues dans un tel cas.
Quant à la règle qui empêche le restaurateur de vendre ses vieux vins après un transfert, elle a été instituée il y a plusieurs années et était uniquement destinée à protéger le consommateur. Mme Gauvin admet que cette réglementation peut s’avérer désuète et qu’il y a lieu de la réviser. Une fois la collection des vieux vins identifiée, rien ne devrait s’opposer à ce qu’une nouvelle licence soit accordée.
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