Le 8 mars 2006
Volume 14
Numéro 9
Le Métropolitain
Le Conseil du jeu responsable cherche à sensibiliser la population
Par : Nicol Simard
Editeur : Le Métropolitain
Toronto-
Il y a des limites à tout dans la vie. Le danger provient de l’incapacité de contrôler certains aspects de son vécu. La drogue et l’alcool sont deux exemples qui viennent rapidement à l’esprit. Mais le jeu peut être tout aussi destructeur. Selon le Conseil du jeu responsable, « jouer sans limites est comme conduire sans freins ».
Pour la majorité de la population, jouer au bingo, aux cartes ou parier sur une course de chevaux n’est qu’une forme de divertissement. Mais pour 3 ou 4 % des Ontariens, cela mène au désespoir et à des vies ruinées. Une famille sur dix subit les conséquences d’un époux ou même d’un enfant connaissant des problèmes de jeu.
« D’après nos recherches, 340 000 personnes sont aux prises avec pareil problème », affirme Jon Kelly, directeur général du Conseil du jeu responsable. Voilà pourquoi son organisme, dans un effort de sensibilisation des Ontariens, organise le Mois de la prévention du jeu problématique.
« Notre objectif est de diffuser de l’information à propos des signes avant-coureurs et les services disponibles pour ceux qui ont besoin de secours. Les études démontrent que plus vous jouez, plus vous courez le risque de développer une dépendance envers le jeu. Pendant le mois de mars, nous allons informer la population sur les stratégies qui peuvent aider à jouer à l’intérieur d’une zone limite. »
À l’occasion d’une conférence de presse, le directeur général a démontré que nul n’est immunisé à ce danger, peu importe l’âge, en racontant l’histoire d’un adolescent de 15 ans qui avait accumulé une dette de plus de 200 000 $ en jouant sur Internet.
Toutes les personnes impliquées dans ce projet croient fermement au concept de prévention. Pour Rachel Fraser, une thérapeute francophone et coordonnatrice pour le Mois de la prévention du jeu problématique, la sensibilisation du public est très importante. Elle donne l’exemple de son fils de 21 ans. Ce dernier et ses amis choisissent toujours un conducteur désigné avant d’aller boire. « C’est le résultat de nombreuses années d’efforts et de communication. Personne n’agissait comme mon fils quand j’avais son âge. »
Elle exhorte le public à ne pas attendre d’avoir atteint « le fond ». Parmi les signes à surveiller, elle note : dépenser de plus en plus, penser constamment au jeu, tenter de récupérer ses pertes, manquer à ses obligations au travail et mentir à sa famille à propos du jeu. Selon Mme Fraser, les personnes à risque sont de nature impulsive, font tout pour éviter leurs problèmes, pensent de façon erronée ou sont dépressives parce qu’elles ont vécu un deuil, par exemple.
Malheureusement, très peu de services en français sont disponibles dans la province et l’organisme semble vouloir traiter les francophones comme un groupe ethnique.
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