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Le 2 mars 2005
Volume 13 Numéro 9

Une victoire importante pour les Franco-Ontariennes

Par : Nicol Simard
Editeur : Le Métropolitain

Après une dizaine d’années de lutte pour convaincre le gouvernement ontarien que les centres francophones d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) méritaient un financement égal à celui de leurs pairs anglophones, les Franco-Ontariennes viennent finalement de recevoir le fruit de leurs efforts.
En effet, Sandra Pupatello, ministre déléguée à la Condition féminine, et Madeleine Meilleur, ministre déléguée aux Affaires francophones, ont annoncé un investissement d’un million de dollars le 24 février dernier.
Mme Pupatello a déclaré que 500 000 $ serviront à rendre le financement paritaire et qu’une somme identique permettra de pallier aux lacunes en matière de services au sein des collectivités de langue française. En plus de ces montants, il y aura une augmentation de 8 % (équivalant à 900 000 $) du financement d’exploitation annuelle de 36 CALACS.
«Cela fait de nombreuses années que nous réclamons un financement égal à celui des centres anglophones, a affirmé Gaétane Pharand, présidente d’Action contre la violence faite aux femmes (AOcVF). Nous sommes très reconnaissantes au gouvernement d’avoir reconnu les besoins spécifiques aux femmes francophones de l’Ontario.»
La ministre Meilleur était catégorique : «L’agression sexuelle détruit la vie des person­nes touchées et n’a pas sa place dans nos collectivités ou nos foyers; le message que je veux lancer aujourd’hui est que toute femme francophone victime d’agression a droit à des services de soutien et peut béné­­ficier d’une intervention pro­­fes­sionnelle dans
sa langue.»
Six CALACS francophones et trois centres bilingues bénéficieront du million annoncé. Celui de Toronto, Oasis Centre des femmes, par exemple, recevra 126 097 $, selon la ministre Pupatello. À cette nouvelle, Lise Marie Baudry, directrice du centre torontois, a lancé un «Yé!» qui voulait en dire beaucoup. Oasis compte 13 employées à temps plein et 6 contractuelles, mais le financement reçu jusqu’à maintenant ne couvrait qu’une partie du salaire de certaines d’entre elles. Mme Baudry devait donc trouver d’autres sources pour remplir le manque à gagner.
Les ministres Pupatello et Meilleur ont cependant été prises au dépourvu lorsque les journalistes leur ont demandé s’il y aurait un jour une maison d’hébergement. Il s’agit là d’une lacune importante; il n’existe aucune institution pour les francophones dans le Centre-Sud-Ouest.
«De nombreuses femmes se trouvent dans une situation très difficile car elles ne parlent pas un mot d’anglais, a assuré Mme Baudry. Il est très dur de demander du soutien dans une langue que les intervenantes ne comprennent pas. Cela exacerbe l’isolement des femmes francophones et leur donne l’impression qu’elles se trouvent dans un monde très hostile.»
La ministre Pupatello dit qu’elle ne croit pas avoir reçu de demande de subvention pour la création de maisons d’hébergement francophones dans la région. Selon la directrice d’Oasis, le processus pour en mettre une sur pied va au-delà de la présentation d’une simple demande «remplie en trois copies». Toutefois, Oasis et l’AOcVF ont démontré à maintes reprises ce besoin. Il leur faut maintenant travailler avec le ministère ainsi qu’avec des institutions locales et régionales. Il faudra peut-être aussi présenter une étude de faisabilité.
«La situation n’est plus la même que par le passé alors que la validité du projet était remise en question par les fonctionnaires chaque fois que le sujet était abordé, explique Mme Baudry. Il faut maintenant décider du moment et de la manière. La source de financement doit aussi être trouvée, mais plus personne ne nie le besoin.»
La situation s’améliore donc pour les Franco-Ontariennes. Il reste encore beaucoup de travail à faire avant d’avoir une véritable équité de services avec les anglophones, mais un pas important a été franchi du côté des CALACS.



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