Le 16 novembre 2005
Volume 13
Numéro 43
Un partenariat qui met en valeur le bien-être des élèves
Par : Nicol Simard
Editeur : Le Métropolitain
Toronto-
Les parents savent qu’il n’est pas toujours facile d’élever un enfant. De leur côté, les enseignants ont tous connu des élèves avec qui il était plus difficile de travailler. Mais il y a parfois des cas qui exigent une touche bien particulière. Quand un enfant se sent rejeté par le système et les adultes, il perd toute confiance en lui et aux autres. C’est pourquoi il est important de l’aider à se reprendre en main. Mais comment s’y prendre ?
Comme à l’habitude, les anglophones ont déjà des programmes, services et même des institutions pour aider les jeunes mais il n’existe rien pour la francophonie… pour l’instant! Grâce à un partenariat entre le Centre francophone de Toronto et les deux conseils scolaires, six enfants (de 6 à 12 ans) commenceront à recevoir l’aide dont ils ont tant besoin à compter du 21 novembre. Dans un mois ou deux, le nombre d’enfants devrait monter à 16.
L’idée du centre est née il y a trois ou quatre ans, à l’époque des conseils régionaux de santé. La coordonnatrice des services en français à Toronto, Anne-Marie Couffin, considérait qu’il s’agissait d’une lacune importante. Après de multiples démarches, le partenariat a été conclu et le soutien financier obtenu du gouvernement provincial.
Régine Titus, du Centre francophone, en est la coordonnatrice. «Notre équipe comprend un psychologue, une psychiatre, une intervenante en gestion de cas, une directrice du programme éducatif, quatre éducatrices spécialisées et deux enseignantes. De plus, nous avons un comité qui décide qui est admis au centre.»
Une fois acceptés, les enfants doivent passer par une période d’évaluation interne pour établir les besoins cliniques et éducatifs. «Notre objectif est de leur permettre de réintégrer le milieu scolaire après un an ou deux avec nous», affirme Mme Titus. «L’aspect clinique prime avant tout, ajoute Michel St-Amant, surintendant de l’éducation et des services à l’élève du Conseil scolaire de district catholique Centre-Sud. Un élève peut être brillant mais vivre des problématiques graves. Il faut être à même de le traiter.» Son Conseil a donc engagé des enseignants avec des expertises bien spécifiques. «Nous avons tenu un concours pan-canadien, précise Michel St-Amant. Il a été très difficile de trouver des personnes qui ont de l’expérience avec des jeunes comme ceux du centre.»
De plus, toute la famille fait aussi partie du processus. «Plus souvent qu’autrement, confie Royal Piché, surintendant de l’éducation au Conseil scolaire de district Centre-Sud-Ouest, la démarche est assez longue car il faut travailler de près avec les parents pour leur faire comprendre les difficultés de leur enfant. Par exemple, il n’est pas facile d’accepter que, dans certains cas, il va peut-être falloir faire prendre un médicament à son garçon ou sa fille.»
Mais le fait même qu’un élève se retrouve devant le comité d’admission représente déjà un aspect positif. «Nous ne pouvons référer personne sans la permission du père et de la mère, ajoute M. Piché. Et c’est le jeune qui y gagne dans tout ça.»
Le nouveau centre est un exemple parfait de collaboration entre organismes francophones qui décident de mettre en commun leurs ressources pour le bien-être des jeunes. «Il est bien que nous ayons réussi à établir pareil partenariat», affirme M. St-Amant.
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