Le 3 novembre 2004
Volume 37
Numéro 22
Une Haïtienne consternée par la perte de certains proches
Par : Jean-François Fecteau
Editeur : Le Voyageur
Sudbury-
Une étudiante en technique pharmaceutique au Collège Boréal, Mathilde St-Paul, a perdu beaucoup lors du passage de l’ouragan Jeanne dans sa région d’origine, les Gonaïves, en Haïti. Cette tempête tropicale aurait emporté son père et ses cousins les 17 et 18 septembre derniers.
«Mon père, qui a la double nationalité [canadienne et haïtienne], était de retour au pays depuis un an. Nous n’avons pas retrouvé son corps. On le croit mort, tout comme mes trois cousins. On m’a même raconté que l’on a vu un de mes cousins et ses enfants être emportés par l’ouragan», raconte-t-elle.
La perte de son père aurait pu être évitée, selon elle. «Ce sont mes frères et sœurs qui ont renvoyé mon père en Haïti sans mon consentement alors qu’il n’avait plus ses sens. J’ai travaillé très fort pour amener ma famille au Canada», dit-elle. Son père était âgé de 76 ans.
Mme St-Paul a quitté son pays, seule, pour le Canada en 1980. Son père et ses sept frères et sœurs sont ensuite venus s’établir au Canada et aux États-Unis.
Depuis qu’elle a appris la nouvelle à la fin septembre, Mme St-Paul fait de son mieux pour garder le contact avec ses proches qui vivaient près de son ancienne maison familiale.
«On était de la même famille. Ma mère a élevé mes cousins et cousines. Ce sont comme mes
frères et sœurs. Je fais mon possible pour les aider, mais je n’ai pas tellement d’argent à leur envoyer», mentionne-elle. Le Club international Tam-tam du Collège Boréal amasse des fonds pour les sinistrés des Gonaïves.
Mme St-Paul est aussi atterrée puisque sa région natale a été pratiquement détruite par les inondations et l’ouragan Jeanne. «J’ai peine à croire que les Gonaïves n’existent plus. J’aurais souhaité montrer à mes enfants mes origines un jour», dit cette mère de trois enfants. Celle-ci indique que le cœur de l’Haïti réside aux Gonaïves.
D’autre part, l’Organisation des Nations Unies demande toujours des renforts à la communauté internationale pour répondre à la demande là-bas. Des dizaines de milliers de personnes seraient toujours coincées aux Gonaïves, sans eau ni nourriture. Le bilan des victimes des inondations devrait dépasser les 2000 morts et plus de 1000 disparus sur une population de près de 250 000 habitants.
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