Le 14 novembre 2005
15e édition du PFCNO :
Dix heures de débats, trois projets de loi adoptés et deux rejetés
Par : Étienne Alary
Editeur : Association de la presse francophone
Une cinquantaine de parlementaires en herbe des quatre provinces de l’Ouest et des trois territoires se sont réunis à l’Assemblée législative d’Edmonton, du 11 au 13 novembre derniers, afin de participer à la 15e édition du Parlement franco-canadien du Nord et de l’Ouest (PFCNO).
Au cours de ces journées de débats, les participants se sont permis d’adopter une refonte du système d’éducation, d’intégrer les Forces canadiennes et la Gendarmerie royale du Canada et d’interdire le carburant fossile, tout en défaisant les projets de loi légalisant la prostitution et celui traitant de la restructuration des institutions démocratiques.
« La participation des jeunes a été remarquable cette année. Trois de nos projets de loi ont été adoptés et même si les deux autres ont été défaits, ce qu’il faut retenir, c’est la qualité des échanges qu’il y a eu », a déclaré le premier ministre du 15e PFCNO, Jean-François Poudrier. « J’ai également remarqué une participation accrue au niveau des échanges. Au cours du parlement, pas mal tout le monde a pris la parole à au moins une reprise », ajoute le premier ministre.
De son côté, le président du parlement, Martin Gautron, estime lui aussi que l’édition 2005 du PFCNO est une réussite. « Le côté logistique représente toujours un défi. C’est certain que d’avoir accès à l’Assemblée législative pendant deux jours seulement peut avoir un effet limitatif, mais les participants ont quand même eu la chance de participer à 10 heures de débats », souligne-t-il.
Selon lui, deux jours dans une assemblée législative viennent compenser trois jours dans un hôtel. « Lorsque le parlement se déroule à l’assemblée législative d’une province, cela donne un sentiment de réalité aux parlementaires. Cela donne une valeur ajouté à tout le côté protocole de l’activité », avance Martin Gautron.
De tous les projets de loi débattus, celui légalisant la prostitution aura été le projet de loi le plus déchirant alors qu’il a été défait par seulement deux votes. « En Alberta et en Colombie-Britannique, il y a beaucoup de meurtres qui impliquent des prostitués et la population ne réagit pas assez fortement. En amenant ce projet de loi, j’espérais amener une protection accrue pour ces personnes », de lancer la ministre du Travail et une représente de l’Alberta au PFCNO, Marianne Tremblay.
Cette dernière était visiblement déçue de constater que son projet de loi avait été défait. « Les quatre abstentions ont fait la différence », note celle qui en était à son deuxième Parlement franco-canadien du Nord et de l’Ouest. « Pour cette 2e expérience, ce que je retiens sont les débats. De bons arguments ont été avancés, de part et d’autre, pour chaque projet de loi », affirme Marianne Tremblay.
Pour Martin Gautron, qui est également le président de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), le PFCNO aura permis de recruter des parlementaires en herbe pour le Parlement jeunesse pancanadien qui aura lieu à Ottawa au début de la nouvelle année. « Participer au PFCNO ou à un parlement provincial n’est pas un préalable pour le parlement pancanadien, mais c’est définitivement un tremplin. Lorsque j’en ai parlé aux participants du PFCNO, plusieurs ont manifesté un intérêt », déclare-t-il.
Nouveau cabinet
Pour la 16e édition du PCFNO, qui aura lieu à Winnipeg à l’automne 2006, un tout nouveau cabinet a été élu. Jean-François Poudrier, du Manitoba, a cédé son poste de premier ministre à Guillaume Houle de la Colombie-Britannique. « Deux raisons majeures m’ont poussé à ne pas me représenter, soit l’âge (ce dernier a 25 ans cette année, âge limite pour participer) et je n’habite plus dans une province de l’Ouest (il est aux études à Sherbrooke) », énonce-t-il.
Le nouveau premier ministre sera entouré de Zoé Fortier de la Saskatchewan, Jean-Michel Beaudry, Joël Lafond et Joël Grenier, tous les trois du Manitoba.
Tourner la page
L’organisme hôte du PFCNO, Francophonie jeunesse de l’Alberta (FJA), a profité du fait que l’événement célébrait ses 15 ans pour inviter, à titre de conférencière, la première ministre du premier PCFNO, qui avait eu lieu à Edmonton, Chantal Bérard.
Pour la 15e édition, Mme Bérard a été nommée lieutenante-gouverneure. En prenant la parole lors du banquet de clôture du PFCNO, Chantal Bérard a pu tourner la page à ses années consacrées à la jeunesse puisqu’elle quittera, en janvier prochain, les rennes de la FJCF. « Mon implication communautaire a commencé avec les parlements jeunesse », lance Chantal Bérard qui en était à son 27e parlement jeunesse. « Ce bénévolat-là m’a donné plusieurs opportunités », ajoute celle qui au cours de toutes ces années aura occupé tous les postes inimaginables dans un parlement jeunesse, sauf un, celui de simple député.
Mme Bérard, qui a déjà été directrice générale de FJA, quittera ses fonctions à la direction générale de la FJCF après six années. « Je pense que je quitte mon poste avec le sentiment d’avoir accompli les choses que je devais faire. J’ai eu la chance de rencontrer des gens incroyables au cours de ces années, et surtout, de travailler avec des jeunes passionnés », souligne-t-elle.
Chantal Bérard a invité les jeunes parlementaires à ne pas uniquement s’arrêter aux parlements jeunesse. « Les communautés francophones auxquelles vous appartenez ont besoin de vous. Vous devez prendre votre place. (…) C’est à vous de prendre le relais maintenant », a-t-elle lancé.
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