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Le 20 janvier 2006

L'Aurore boréale

Le 23 janvier, qui gagnera ses épaulettes?

Par : Cécile Girard
Editeur : L'Aurore boréale

Les Canadiens et Canadiennes exerceront leur ultime droit démocratique ce lundi 23 janvier. Alors que les jeux semblent faits, les derniers jours de la campagne électorale réservent peut-être encore des surprises!

Dépendant de la région où l’on vit, les enjeux sont différents. Au cœur de Toronto, le débat des armes à poing est plus crucial qu’à Whitehorse. La question suscite de l’intérêt dans les deux villes mais pour des raisons très différentes : la métropole cosmopolite est perturbée par des actes de violence meurtrière tandis que la capitale yukonnaise s’accroche à un style de vie particulier et si différent!

En fait, à la grandeur du pays, plus que jamais, les intérêts diffèrent et semblent difficiles à concilier.
Les débats télévisés des chefs, en anglais et en français, ont consacré une fois de plus les deux solitudes… Les questions abordées dans les deux émissions n’étaient pas les mêmes. Il n’est donc pas surprenant que les anglophones ne se soient pas sentis interpellés par le débat francophone et que les fr
ancophones qui vivent à l’extérieur du Québec se soient demandés pourquoi on les ignorait si platement en français!
Navrant le fait que la question de la francophonie hors Québec ne soit pas plus sur la scène publique.
Pourquoi est-ce que les communautés de langues officielles sont-elles complètement évacuées du débat électoral?
Est-ce parce que leur histoire n’est pas intéressante par les temps qui courent? Alors que les candidats se gargarisent à qui mieux mieux avec des mots aussi glorieux que respect et générosité … les francophones se débattent avec leurs problèmes dans les tranchées septentrionales du paysage électoral.

La question de la dualité linguistique n’a pas été souvent abordée pendant cette courte campagne hivernale. Elle gît dans le ventre de ce pays givré, sans intérêt pour plusieurs Canadiens mais au cœur du quotidien de tant d’autres.
Plus d’un million de francophones vivent à l’extérieur du Québec, de l’Acadie au Manitoba, de l’Ontario aux Territoires du Nord-Ouest, de l’Alberta au Yukon, de la Colombie-Britannique à l’Île-du-Prince-Edouard.

Toutes ces communautés ont des histoires différentes, certaines centenaires, d’autres beaucoup plus jeunes, mais la même sève y coule dans les veines des gens.

Une analyse rapide des programmes des partis en lice révèle que les néodémocrates n’ont pas grand chose à dire au sujet de la dualité linguistique. Les verts, pour leur part, estiment essentiel d’entreprendre un dialogue sur le sujet. Le Bloc québécois promet de talonner le gouvernement fédéral pour qu’il augmente le soutien aux communautés. Les libéraux sont les seuls à avoir inscrit le renouvellement du Plan d’action pour les langues officielles dans leur programme. Sont-ils le seul espoir des communautés?

Les conservateurs ont promis de créer un Secrétariat francophone au sein du ministère du Patrimoine canadien. La promesse est un peu floue mais elle est là.

Mais la question de la vitalité linguistique est intimement liée à d’autres questions... C’est évident! La santé, l’éducation, les programmes sociaux et économiques, l’environnement et l’imputabilité du prochain gouvernement préoccupent les francophones et la nation entière. C’est pourquoi il faut aller voter le 23 janvier.



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