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Le 10 juin 2005

L'Aurore boréale

Quand la 4e Avenue change de figure du jour au lendemain...

Par : Annie Savoie
Editeur : L'Aurore boréale

(Whitehorse) - Les changements de la 4e Avenue sont définitivement le sujet de l’heure, la frustration de la semaine, le casse-tête des conseillers de ville. C’est laconfusion totale. Que fait la ville de Whitehorse avec l’argent versé pour diminuer les gaz à effet de serre ?

Transports Canada a versé 700 000 $ à plusieurs villes au Canada pour qu’elles apportent des changements routiers qui encourageraient le covoiturage, l’utilisation des transports en commun ou le vélo comme moyen de déplacement.

Deux carrefours giratoires ont ainsi vu le jour l’an dernier, un à l’extrémité sud de la 4e Avenue, et un autre à Copper Ridge, sur le boulevard Hamilton. Maintenant, les conseillers municipaux de Whitehorse ont décidé de s’attaquer au trafic du centre-ville, et les réactions sont très controversées.

Ils ont soumis les automobilistes à un test éclair avec peu de préavis. Un bon matin, le portrait de la 4e Avenue avait été repeint. Adieu deux voies dans les deux sens : maintenant, il y a une voie centrale pour tourner à gauche, une voie dans chaque direction et des pistes cyclables des deux côtés. La surprise des cyclistes descendant Two Miles Hill à toute allure a été bien meilleure que celle des automobilistes qui ont tous dû mettre les freins pour prendre une minute et comprendre ce qu’on attendait d’eux. La nouvelle voie centrale est encadrée de deux lignes pleines qui signifient, selon le code de la route partout au Canada, qu’il est interdit de les traverser. Où donc les conducteurs peuvent-ils avoir accès à cette voie ? Peut-être est-ce la question que tous se posaient durant la première semaine, car le trafic fût très lent. Jodi Richardson, propriétaire du Wharf on Fourth, une poissonnerie située à l’extrémité sud de la 4e Avenue, maintient que le trajet à partir de son commerce jusqu’au coin de la 2e Avenue, donc environ 2 kilomètres, lui a pris 45 minutes durant l’heure de pointe.

Le conseiller municipal Dave Stockdale croit qu’il faut laisser le temps aux automobilistes de s’habituer aux nouveaux règlements routiers : « Personnellement, entre les six allers-retours que j’ai fait sur la 4e Avenue le premier jour, aucun ne m’a pris plus de huit minutes, ce qui est franchement respectable », a-t-il répondu à Jodi Richardson.

Le comportement des automobilistes a été observé depuis les changements. On a vu des gens emprunter le stationnement du Canadian Tire pour éviter le refoulement du trafic sur la 4e Avenue, ce qui est potentiellement dangereux pour les clients de l’entreprise. Un accident est aussi survenu la semaine dernière à l’intersection de la 4e Avenue et de la rue Hoge. La cause n’a pas encore été déterminée, mais plusieurs commerçants accusent la voie centrale. Le bureau de la municipalité a été inondé de plaintes d’automobilistes fâchés et de félicitations de la part de cyclistes.

Six jours après avoir repeint les lignes, observé la confusion des automobilistes et le sourire des cyclistes, les conseillers municipaux ont voté 5-1 en faveur de l’arrêt du projet, du moins entre la 2e Avenue et la rue Ogilvie. Jeudi matin, le projet pilote a donc été effacé et les deux voies dans chaque direction remises en place entre ces deux intersections importantes, supprimant ainsi la piste cyclable sur ce tronçon de rue.

Le conseiller municipal Dave Austin a applaudi le résultat : « La voie centrale pour tourner fonctionnait sur papier et fonctionne dans d’autres régions, mais pas à Whitehorse. Cela semble fonctionner lorsque plusieurs personnes veulent tourner à gauche, mais lorsqu’elles se suivent à la file, rien ne va plus ». Les gens de Whitehorse n’avaient jamais eu à respecter de tels règlements routiers.

Plusieurs projets sont à l’étude, notamment celui de rendre la 4e et la 2e Avenue en sens uniques opposés. Cela laisserait amplement d’espace pour les vélos et les automobiles. On parle aussi de la possibilité de ne garder qu’une seule voie vers le Sud pour conserver les pistes cyclables et la deuxième voie vers le Nord. Les coûts reliés aux changements de lignes et aux études n’ont pas encore été divulgués.



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