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Le 12 décembre 2005
Volume VIII Numéro 31
L'Express du Pacifique

Un chaud débat

Par : Luke Mayba et Thierry Barbier
Editeur : L'Express du Pacifique

Nous vous proposons cette semaine un Gauche à droite sur un sujet qui déchaîne les passions : le réchauffement de la planète. Nos chroniqueurs Luke Mayba et Thierry Barbier ne font pas exception...

Changement climatique : relevons le défi


Par Luke Mayba

Comment faire face à l’épreuve du changement climatique ? À mon avis, il y a trois étapes à suivre : tout d’abord, nous devons reconnaître le problème dans toute son ampleur ; deuxièmement, nous devons agir personnellement, et sur le plan communautaire, afin d’apporter des changements à notre mode de vie ; et enfin, nous devons encourager toute initiative gouvernementale qui vise à traiter de la crise.

La première étape est peut-être la plus difficile des trois. En effet, notre inaction relative au changement climatique, comme celle de nos gouvernements, est fondée en grande partie sur notre refus d’ad­mettre l’existence du problème. Pourtant, le consensus des scientifiques à ce sujet n’a jamais été plus ferme. Il y a 12 ans, plus de la moitié des lauréats du prix Nobel au monde commencèrent déjà à sonner l’alarme. L’an passé, le bureau météorologique à Exeter, au Royaume-Uni, a averti que l’impact des gaz à effets de serre provenant des activités humaines pourrait être deux fois plus dévastateur qu’on le croyait auparavant.

Si on ne croit toujours pas les scientifiques, et bien constatons les événements dans le monde actuel. Le changement climatique se caractérise avant tout par une instabilité accrue sur le plan météorologique : une augmentation du nombre et de la gravité des sècheresses, des inondations, des feux de forêts et des ouragans. Bien que nous ayons encore l’impression d’être à l’abri de ces phénomènes ici sur la Côte Ouest, l’actualité en 2005 aura servi à nous donner une idée effrayante de l’ampleur des désastres qui s’annoncent dans l’avenir.

Moins d’avions, moins de voitures

Toutefois, il y a encore des gens qui préfèrent ignorer le problème plutôt que de penser aux solutions. De façon ironique, ce sont souvent ces personnes qui, du même souffle, exagèrent la nature des changements que nous devrions imposer à nos styles de vie pour contrer le phénomène (dont ils nient l’existence). Par exemple, ridiculisant nos efforts de réduire notre dépendance à l’automobile, on nous a déjà suggéré plutôt d’interdire les vols par avion puisque ces appareils émettent des milliers de fois plus de gaz carboniques que les voitures. Bien que cela soit vrai, c’est en même temps trompeur. Il faut considérer qu’on embarque cent fois plus de passagers dans un avion que dans une automobile, et qu’on atteint souvent 10 fois plus rapidement sa destination. Compte tenu de ces facteurs, le transport par avion n’est en moyenne que deux à quatre fois plus polluant que le transport par automobile.

Bref, nous devons réduire notre dépendance des deux formes de transport. Aucun effort n’est illégitime. Et, comme le propose l’auteur Ronald Wright, le plus grand changement doit avoir lieu dans notre façon de penser : nous devons songer quotidiennement au long terme plutôt qu’au court terme, et apprendre à favoriser la modération et le principe de précaution plutôt que l’excès et l’insouciance.

Kyoto, un pas important

Enfin, nous devrions nous réjouir de l’entrée en vigueur du protocole de Kyoto en février dernier. Certes, les cibles modestes de ce protocole – de réduire de quelques points de pourcentage d’ici 2012 notre niveau d’émissions de l’an 1990 – ne feront pas grand chose pour contrer la crise. Comme le constate le journaliste Gwynne Dyer, les émissions qui causeront les dommages des 30 prochaines années sont déjà parties de nos cheminées et de nos tuyaux d’échappement. Toutefois, le protocole de Kyoto – le premier traité environnemental à engager légalement des gouvernements souverains au respect de ses termes – est un pas important. Il établit les principes d’une solution, tout en préparant les dirigeants – y compris ceux des pays en voie de développement – à l’éventualité de s’entendre sur des réductions beaucoup plus importantes après 2012.

Sera-t-il possible d’éviter la catastrophe absolue ? Si oui, nous devons fonder nos actions, non sur l’espoir aveugle de détourner les épreuves du changement climatique, mais plutôt sur l’impératif d’agir et de s’adapter aux circonstances, au nom de la civi­lisation et de la vie de nos enfants.

Réchauffement de la Terre : la plus grande fumisterie de l’histoire


Par Thierry Barbier

Oui, la Terre se réchauffe. C’est la nature. Rien de nouveau côté climat. François Villon se demandait déjà en 1461 « où était passée la neige d’antan ».

Après l’eugénisme d’il y a 100 ans ou la couche d’ozone, dont le trou a diminué mystérieusement de 37 % en 2002, voici le nouveau cheval de bataille de militants en mal de combats. Ce sont des scientifiques chargés à l’origine d’une mission temporaire par l’ONU mais très soucieux de pérenniser leurs salaires qui ont propagé cette histoire de réchauffement en le présentant comme une catastrophe nécessitant une veille permanente. Les gouvernements et le public se sont engouffrés dans cette cause perdue d’avance, alimentée d’interprétations fantaisistes et dont on peut dire que la principale caractéristique en est l’ignorance scientifique imbibée de lobbying anti-capitaliste.

Les avancées technologiques ont fait croire à l’Homme qu’il maîtrisait et comprenait tout alors qu’il est probable que notre niveau de connaissance de l’univers soit relativement comparable à celui des peuplades diverses, également sûres de leur connaissance, qui dansaient pour faire venir la pluie. Les générations futures vont certainement bien rire des hommes présomptueux du début du XXIe siècle qui croyaient qu’ils avaient changé le climat. Mais ils verront aussi peut-être comme une tragédie les mesures prises qui auront entraîné l’accentuation de la pauvreté pour espérer gagner cinq ou six ans sur une échéance d’un siècle.

Côté incohérence écologi­que, nous sommes gâtés. La forêt amazonienne est un énorme émetteur de CO2. Logiquement, il faut donc la supprimer ! Et que va-t-on faire des vaches ? Il faut utiliser d’autres sources d’énergie moins polluantes que le pétrole et le charbon, nous-dit-on. La voiture à hydrogène est une utopie. Le nucléaire est une bonne solution mais on assiste à une levée de boucliers de la part de ceux-là même qui prônent une énergie propre.

Côté température, pas de panique. Il nous est d’abord absolument impossible de ressentir une augmentation de la moyenne de la température de 1 ou 2 degrés sur 100 ans. Quant au changement de climat, il n’y en a aucun pour l’instant. Pas plus ni moins de sécheresses, de pluies ou de cyclones qu’avant. D’ailleurs, quand un événement climatique se produit, nous entendons couramment les journalistes dire : « Ce n’était pas arrivé depuis X années ». Preuve en est que rien n’a changé et que l’on assiste à un retour à la normale après avoir simplement bénéficié de quelques dizaines d’années d’accalmie.

Concernant le réchauffement de la Terre lui-même, phénomène très complexe et pratiquement inconnu, il est normal jusqu’à preuve du contraire et s’inscrit dans une courbe constituée depuis des millions d’années de périodes de réchauffement et de refroidissement. Nous n’avons même pas encore atteint, au cours de notre période actuelle interglaciaire, la température moyenne de l’époque médiévale qui représente le dernier réchauffement important.

Il faut aussi savoir que toutes les périodes de réchauffement se sont accompagnées de booms économiques tandis que les périodes de refroidissement étaient des périodes de vaches maigres (encore les vaches !).

Spéculation CO2

Terminons par Kyoto. Cet accord politique démagogique n’a, par son mécanisme de chantage, aucunement l’objectif de réduire la pollution mais plutôt tout du prétexte pour instituer une taxe sur les pays riches, victoire des déçus de la taxe simili-Tobin. Le Canada, s’il respectait ses engagements, devraient réduire ses émissions à un niveau plus faible qu’il y a 15 ans alors que celles-ci ont augmenté de 20 % en 2002. On est en pleine aberration. Faut-il remettre en cause la bonne santé économique de notre pays, fermer des entreprises et mettre 500 000 personnes au chômage pour influer éventuellement dans 100 ans sur des causes que l’on ne maîtrise pas ?

L’ironie du sort est qu’en attendant Kyoto, un nouveau marché spéculatif s’est ouvert et les échanges de tonnes de CO2 et de permis de polluer vont bon train, devenant l’investissement phare des places financières.

Je paraphraserai enfin Clémenceau pour dire que l’écologie est une chose trop sérieuse pour la confier… aux écologistes !



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