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Publié le jeudi 2 septembre 2010 | Mis à jour le jeudi 2 septembre 2010

Nouvelles

La directrice générale des Heures Claires, Lisa Nemetchek.

Les négociations échouent

Paul Ruban

Après six mois, les discussions entre la garderie intéressée à emménager dans l’ancienne Maison franco-manitobaine et son propriétaire ont fini par échouer.

C’est le retour à la case départ pour la garderie Les Heures Claires. Le centre bilingue de la jeune enfance avait démontré un intérêt marqué, depuis mars dernier, à créer une deuxième garderie dans le rez-de-chaussée de l’ancienne Maison franco-manitobaine.
Si les pourparlers entre Les Heures Claires et le propriétaire de l’édifice, Al Oze, avaient repris suite à des désaccords sur les termes du bail, ils ont désormais échoué.
« C’est malheureux qu’une entente n’a pas pu être conclue, mais elle n’aurait pas été viable sur le plan financier », soutient Al Oze.
L’investisseur immobilier explique qu’emménager Les Heures Claires dans l’édifice du boulevard Provencher aurait requis 625 000 $ en rénovations, sans compter la Taxe sur les produits et services (TPS) et les frais d’architecte.
Or, le plafond budgétaire que Les Heures Claires s’était fixé était de 525 000 $, taxes et frais compris.
Alors qu’un tiers de cette somme proviendrait de la Province du Manitoba, c’est Al Oze lui-même qui aurait été contraint d’en financer la moitié, à un taux d’intérêt de 7 % sur dix ans.
« Je n’étais pas prêt à courir le risque financier, explique l’homme d’affaires. En plus, il y a toujours des coûts imprévus ».
Inoccupée, la Maison franco-manitobaine lui coûte déjà 6 000 $ par mois en coûts de détention.
Les travaux nécessaires pour transformer le rez-de-chaussée en garderie auraient inclus, entre autres, l’installation de gicleurs d’incendie, de toilettes et d’espaces de bureaux.
Après que les deux partis s’étaient entendus sur les termes du bail, lors d’une rencontre le 17 août, la directrice générale des Heures Claires, Lisa Nemetchek, croyait que « c’était un marché conclu ».
« Je croyais vraiment que dans quelques mois, on verrait des poupons ramper par terre dans le nouvel espace, admet-elle. Je le visualisais déjà. » Elle se dit « déçue » et ajoute que Les Heures Claires n’auraient pas « jeté au vent » des milliers de dollars en frais d’avocat et d’architecte, sans être entièrement convaincu de leur projet.
Le matin du 23 septembre, Al Oze l’a rappelée pour lui laisser savoir qu’il lui était impossible de poursuivre l’entente.
« Cet édifice aurait été idéal pour nous », regrette Lisa Nemetchek. Le grand espace du bâtiment de 11 000 pieds carrés, son stationnement gratuit ainsi que le boisé longeant la rivière Seine représentaient de grands atouts. Les Heures Claires avaient même reçu le soutien du conseiller municipal de Saint-Boniface, Daniel Vandal, pour une proposition d’intégrer une aire de jeu naturelle derrière l’édifice.
Pour Lisa Nemetchek, l’idéal pour Les Heures Claires serait de trouver un espace d’au moins 4 000 pieds carrés qui leur permettrait d’accueillir 40 enfants en plus, soit 16 poupons ou 24 enfants d’âge préscolaire. La garderie, située dans l’école Provencher, compte déjà 150 enfants sur sa liste d’attente. Lisa Nemetchek précise qu’il n’était jamais question de déménager l’espace actuel, mais plutôt de créer un deuxième centre ailleurs.
« Il existe une vraie demande ici à Saint-Boniface pour plus d’espace qui accueillerait les poupons et les enfants d’âge préscolaire », affirme-t-elle. Elle se donne un an pour trouver un endroit idéal, et fait savoir qu’un organisme de la rue Marion l’a déjà contactée, suite à l’article paru dans La Liberté du 11 août, pour lui offrir de lui faire visiter ses locaux.
Lisa Nemetchek dit qu’il n’y a aucune rancœur entre Al Oze et elle. Au contraire, elle dit avoir « beaucoup de respect » pour lui, en raison du fait qu’il s’était montré ouvert à la possibilité de transformer une partie de son édifice dans un espace qui ne serait pas des bureaux.
Pour sa part, Al Oze entreprend des rénovations pour rafraîchir la façade et l’entrée de l’édifice, ainsi que pour refaire le revêtement d’asphalte du stationnement. Les travaux devraient être complétés d’ici la fin septembre. À l’heure d’écrire ces lignes, deux autres locataires potentiels l’avaient contacté pour manifester leur intérêt.

Editeur : La Liberté


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