Rêve brisé
Sophie Gaulin
Le 383 boulevard Provencher, ou l’ancienne Maison franco-manitobaine ne verra pas de bambins ramper et apprendre leurs premiers mots en français. C’était pourtant le rêve de la directrice de la garderie Les Heures Claires, Lisa Nemetchek, un rêve partagé par de nombreux parents francophones ou exogames qui auraient aimé avoir davantage de places en garderie bilingue à Saint-Boniface.
On décrit souvent le manque de places en garderies pour nos bambins francophones ou bilingues avec des listes d’attentes qui vont parfois jusqu’à plusieurs mois, voire même plusieurs années. Et voilà que lorsque la directrice d’une garderie prend la peine de rêver grand, personne ne donne suite à son projet.
Le nouveau propriétaire de l’ancienne Maison franco-manitobaine est un homme d’affaires, pas un philanthrope. Il ne souhaite pas prendre le risque de financer plus de la moitié des travaux et on peut le comprendre.
Mais c’est peut-être à nous, la communauté francophone, de trouver les ressources ou les moyens pour permettre à la garderie Les Heures Claires de jouir d’un espace en plein cœur de Saint-Boniface. Ou bien est-ce que certains verraient encore une garderie bilingue comme une institution pas assez francophone?
On se retrouvera peut-être avec, au lieu d’une garderie bilingue, une multinationale spécialisée en machines industrielles, ou encore des espaces de bureaux pour des sièges sociaux de compagnies du centre-ville en manque de stationnement.
Il en fallait pourtant peu pour que cette bâtisse, qui a vu s’épanouir, pendant les 25 dernières années, des organismes dont le mandat était la construction identitaire francophone, poursuive dans cette voie. Mais aujourd’hui, les négociations ont échoué, faute de 200 000 $. Où peut-on les trouver?
Editeur : La Liberté
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