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Publié le mercredi 4 janvier 2012 | Mis à jour le jeudi 5 janvier 2012

Nouvelles

La vie après Kyoto

Jocelyne Nicolas

photo : Gracieuseté Dan Harper
Le président de l'Université de Winnipeg, Dr Lloyd Axworthy, croit que l'environnement est la responsabilité de tous.
Winnipeg -

Le gouvernement canadien a annoncé, le 12 décembre, son retrait du Protocole de Kyoto. Le Protocole, qui est entré en vigueur en 2005 au Canada, a fixé l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre (EGES) de 5 % dans 37 pays d’ici 2012.

Les réactions face à cette annonce sont mitigées. Le directeur général de la Manitoba Environmental Industries Association, John Fjeldsted, n’est pas surpris. « Nos membres créent et distribuent des technologies durables, explique-t-il. Depuis que l’accord a été signé, nous avons vu peu d’actions concrètes de la part du gouvernement pour encourager des initiatives vertes. Pour moi, le fait que le Canada n’ait pas atteint ses objectifs n’est pas une nouvelle. »

Mais selon le président de l’Université de Winnipeg, Dr Lloyd Axworthy, il ne suffit pas de blâmer le gouvernement et de s’en laver les mains. « C’est la responsabilité des entreprises, des gouvernements et des individus de soigner l’environnement, affirme-t-il. Le gouvernement n’a pas atteint ses objectifs, d’accord, mais la réalité du changement climatique est encore là. Qu’allons-nous faire? »

John Fjeldsted croit, lui aussi, que les Canadiens ne prennent pas assez au sérieux le change­ment climatique. « Dans le monde, nous ne représentons que 2 % des émissions, ajoute-t-il. Cependant, cela a beaucoup plus à faire avec la largeur de notre pays qu’avec notre consommation. Nous déchargeons encore quatre fois plus d’émissions par habitant que la moyenne. C’est beaucoup trop. »

L’Université de Winnipeg, quant à elle, va pouvoir atteindre les objectifs fixés par le Protocole de Kyoto, et planifie de continuer à construire des édifices éco-énergétiques. « Nous avons beau­coup accompli sur notre campus, continue Lloyd Axworthy. Cependant, l’appui financier du programme PowerSmart de Manitoba Hydro a été crucial pour notre succès. Ces programmes doivent être assurés. »

Lloyd Axworthy a aussi été ministre fédéral des Affaires étrangères lors des négociations du Protocol de Kyoto. « Cela a pris des années pour trouver un accord à Kyoto, précise-t-il. Je suis déçu du fait que le gouvernement n’ai pas pu atteindre ses objectifs, mais il faut aussi comprendre que c’est une situation complexe et cela prendra encore des années avant que l’idée se concrétise chez les gens. »

Selon John Fjeldsted, le temps des accords internationaux a pris fin. « On a vu que ce premier essai n’a pas bien fonctionné, souligne-t-il. Je me dis qu’on devrait arrêter de se fixer des objectifs, et plutôt changer la façon dont nous faisons affaires. Le Manitoba a beaucoup d’opportunités de profiter des technologies vertes, mais on ne le fait pas.

« On est un des endroits les plus ensoleillés au Canada, mais nous ne créons que très peu d’énergie solaire passive, conclut-il. Pourquoi nos maisons n’ont-elles pas de grilles solaires qui captent l’énergie et la retournent dans le réseau d’énergie? On pourrait être vert et faire un profit en même temps. »

 

 


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