Le 1er février 2006
La Voix acadienne
Les organismes réagissent à l'élection de Stephen Harper
Par : Jacinthe Laforest
Editeur : La Voix acadienne
«On n’est pas dans le désespoir»
La Société Saint-Thomas-d’Aquin fait une lecture assez positive du résultat des élections du lundi 23 janvier. Comme on le sait, les Canadiens ont choisi de bouder les libéraux, et de donner une chance au Parti conservateur de Stephen Harper.
«Pour les francophones, c’est difficile de prédire, mais nous ne sommes pas dans le désespoir!... Le Parti conservateur a signé, dans la semaine précédant l’élection, un engagement solennel portant sur la promotion de la dualité linguistique, l’appui au développement des communautés francophones et le renforcement des capacités de leurs organismes et institutions au développement des communautés francophones», rappelle Lizanne Thorne, directrice de la SSTA.
L’organisme porte-parole de la communauté acadienne et francophone de l’Île s’attend de continuer à travailler très fort afin de sensibiliser les nouveaux élus, pour faire connaître la valeur et la richesse pour un pays d’avoir deux communautés linguistiques viables, en santé et aussi de trouver au sein du nouveau gouvernement de nouveaux alliés.
«Nous continuerons de travailler en étroite collaboration avec nos représentants locaux, qui ont retenu leurs sièges, et avec qui nous avions déjà de bonnes relations afin d’assurer la continuité des dossiers qui concernent les Acadiens, Acadiennes et francophones de l’Î.-P.-É.», dit Lizanne Thorne.
Elle n’a pas été surprise par le résultat, qui était largement prédit dans les sondages. Les Canadiens ont fait savoir aux libéraux qu’ils ont besoin de regagner leur confiance. Ils ont également fait savoir aux conservateurs qu’ils continuent à se méfier... Dans tout ça, les NPD ont gagné le vote de plusieurs comme option moins risquée» dit-elle.
La SSTA est membre de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada. Cette dernière estime que les conservateurs devront clarifier plusieurs éléments de leur programme, notamment leur promesse de créer un secrétariat francophone au sein du ministère du Patrimoine canadien.
«Nous ne connaissons pas encore le rôle que jouerait un tel secrétariat; nous avons donc l’intention de travailler avec le gouvernement conservateur pour préciser sa vision à cet égard», dit Jean-Guy Rioux, président de la FCFA.
Réactions de la FCÎPÉ
Pour la Fédération des parents de l’Île, la principale inquiétude face au nouveau gouvernement, est son intention d’annuler les ententes sur la petite enfance, conclues avec les provinces.
La directrice de l’organisme, Nicole Drouin, croit que l’Île-du-Prince-Édouard est particulièrement fragile sur cette question car l’entente conclue était une entente «de principe».
«On a commencé à voir de l’argent de cette entente. En décembre, on a eu 1,5 million de dollars et la province a décidé de donner une subvention spéciale aux garderies pour chaque espace bébé (0 à 2 ans) qu’ils offraient. Peu de garderies offrent ces espaces car elles ne sont pas rentables. Elles coûtent tellement cher que pour les parents, elles coûteraient un bras et la moitié d’une jambe.»
Pourtant, ces espaces «bébé» en garderie sont un besoin réel. «Toutes nos garderies francophones ont reçu l’offre financière de la province pour créer ces espaces, mais aucune n’a pu en profiter, à cause du manque de place. On est bloqué. Par contre, une garderie licenciée en milieu familial pourrait profiter de cette offre», rappelle Mme Drouin.
Ce qui la rassure sur l’avenir des services de garde et aux intentions de M. Harper, c’est que son gouvernement est minoritaire.
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