Le 09 janvier 2006
Le Gaboteur
Réseau de santé en français. Le dossier se développe en pas de tortue
Par : Claudia Larouche
Editeur : Le Gaboteur
Saint-Jean-
Cet article est le premier d’une série de deux sur le Réseau de santé en français de Terre-Neuve-et-Labrador, particulièrement sur l’entente Nouveau-Brunswick / Québec.
Ce n’est pas demain que la communauté francophone aura des services de santé en français, mais le dossier se développe même si le processus traîne en longueur aux yeux de Jitin Sekhri. Le consultant en soins primaires du Réseau de santé en français de Terre-Neuve-et-Labrador n’est pas découragé pour autant ! « C’est très difficile dans le milieu de la santé, il faut être patient, mais ça s’en vient », souligne-t-il. Il y a du retard dans l’application de l’accord incluant Terre-Neuve-et-Labrador (TNL) dans l’entente Nouveau-Brunswick / Québec.
L’entente Nouveau-Brunswick / Québec est en vigueur depuis déjà plus de 30 ans, mais la partie qui implique Terre-Neuve-et-Labrador est signée depuis seulement août 2005. Elle permet à la province d’envoyer un étudiant francophone pré-qualifié (possédant un baccalauréat touchant le domaine médical) à une des trois facultés de médecine francophones du Québec (Sherbrooke, Montréal ou Laval), afin qu’il puisse compléter des études en médecine et revenir exercer la profession à Terre-Neuve-et-Labrador. Un étudiant devait être admis en septembre 2005, mais l’accord étant signé trop tard, le comité d’admission n’a pas pu examiner le dossier du candidat en question dans les délais prescrits.
Une année de retard qui pourrait coûter cher en raison de l’urgence de la situation, sans compter qu’une formation en médecine exige entre six et huit ans d’études ! « Il n’y a rien à Terre-Neuve en matière de soins de santé en français ! Justement ce matin, il y a quelqu’un à Stephenville qui a eu des problèmes parce qu’il ne sait pas communiquer parfaitement en anglais », s’exclame Jitin Sekhri.
Cependant, un étudiant devrait être admis à l’automne 2006, s’il réussit les examens d’entrée tout comme l’entrevue. « Il doit être de calibre à compétitionner avec les étudiants québécois. Il y a beaucoup d’obstacles au départ, mais il faut faire avec pour l’instant », dit Jitin Sekhri. C’est ce dernier qui a réussi à intégrer la province dans l’entente Nouveau-Brunswick / Québec avec la collaboration du Réseau de Santé de Terre-Neuve-et-Labrador, le Consortium national de formation en santé, le ministère de la Santé provincial, la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador ainsi que les gouvernements du Nouveau-Brunswick et du Québec.
Il est important de noter qu’il existe d’autres ententes de ce genre. Par exemple, entre la Nouvelle-Écosse et le Québec, qui ont signé depuis environ cinq ans. « La demande augmente un peu et ils en sont maintenant à quatre places en médecine », souligne Jitin Sekhri. L’Île-du-Prince-Édouard a également conclu un accord avec le Québec, il y a de cela presque 30 ans. Comme Terre-Neuve-et-Labrador, ils ont été chapeautés par le Nouveau-Brunswick. Terre-Neuve-et-Labrador en est à ses premiers balbutiements en ce qui concerne la formation médicale en français. Avec 2500 francophones sur son territoire, la province doit se battre plus durement pour faire valoir la nécessité d’offrir des soins de santé en français à ses trois communautés francophones.
Sonder le terrain et renouveler l’entente
Au moment de mettre sous presse, un sondage a été envoyé aux écoles et aux collèges de la province ainsi qu’à l’université Memorial, afin de sonder l’intérêt des jeunes de 15 ans et plus à étudier en français dans le domaine médical. Les résultats paraîtront au cours du mois de janvier. Selon le consultant en soins primaires, ce sondage pourrait appuyer davantage le Réseau de santé en français, car cela démontrerait au ministère de la Santé provincial qu’il y a des jeunes intéressés. Évidemment, cela dépendra des résultats obtenus, mais Jitin Sekhri espère qu’ils seront positifs.
Une des priorités pour 2006 est de renouveler la participation de Terre-Neuve-et-Labrador au sein de l’entente Nouveau-Brunwick / Québec pour une deuxième année. « C’est très important de renouveler l’entente le plus tôt possible pour qu’on puisse continuer de travailler à développer le dossier », mentionne le consultant en soins primaires.
Malgré que ce qui a été accompli jusqu’à maintenant ne tient qu’à un fil, les gens qui travaillent à construire une base solide en soins de santé ainsi que les bailleurs de fonds devraient recevoir tout le mérite et l’encouragement puisqu’ils tentent « de bâtir l’impossible », s’exprime le directeur du Centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick, le Dr Aurel Schofield.
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