Le 1 février 2006
Le Moniteur Acadien
Pourquoi les libéraux ont-ils perdu l’élection ?
Editeur : Le Moniteur Acadien
Dans une démocratie comme la nôtre, il est tout à fait normal que le peuple veuille des changements.
En moins de 18 mois, nous avons eu au pays deux élections générales aboutissant aux mêmes résultats : gouvernements minoritaires. À la dissolution de la Chambre des communes, le 29 novembre dernier, le parti au pouvoir, les libéraux, comptait 133 députés tandis que les conservateurs en avaient 98; le Bloc québécois, 53; le NPD, 18.
Pour les prochaines semaines ou les prochains mois, les conservateurs dirigeront la nation canadienne avec 122 députés, soit 24 députés de plus qu’ils avaient avant le déclenchement des élections alors que les partis d’opposition seront constitués de 186 députés soit 105 libéraux – 28 de moins qu’auparavant; 50 bloquistes, - trois de moins; 30 NPD, 12 de plus; et un indépendant. Un gouvernement encore plus faible que le précédent !
De toute évidence, le grand perdant est Paul Martin qui, malgré tout, a réussi à réaliser son rêve de devenir premier ministre canadien et cela pendant 26 mois. C’est mieux que Kim Campbell! C’est encore mieux que Joe Clark !
Pourquoi les troupes libérales ont-elles perdu le pouvoir après un règne de douze années consécutives ? Dans une démocratie comme la nôtre, il est tout à fait normal que le peuple veuille des changements. Voilà la première raison.
D’autres prétendent que la chute des libéraux s’explique surtout par l’adoption de certaines mesures impopulaires surtout la loi autorisant le mariage entre conjoints du même sexe. Certains analystes soutiennent que le scandale des commandites a été le point tournant car le peuple n’accepte rien de moins que l’honnêteté chez nos dirigeants. Voilà un second argument.
Bien que ces aspects soient raisonnables, nous estimons que la cause première de la débâcle des troupes de Paul Martin est surtout due aux conflits et aux déchirures internes du parti libéral national. Nous pensons que cet homme de grand mérite et ses proches collaborateurs ont dans le passé manqué de loyauté envers Jean Chrétien. Vouloir trop vite le départ du chef libéral rappelle tristement le scénario survenu au Nouveau-Brunswick quand Doug Young et ses amis ont enfoncé le couteau dans le dos de Joseph Z. Daigle, alors chef de l’Opposition officielle. L’histoire se répète !
Pour grimper à nouveau dans l’estime de l’électorat canadien, le parti libéral doit se faire purifier au purgatoire, entreprendre un sérieux examen de conscience, remettre l’honnêteté dans ses affaires et mettre fin au patronage politique qui a enrichi certains amis. Avant tout, les députés libéraux auront dorénavant à faire preuve de loyauté envers le chef choisi, qu’il s’agisse de Frank McKenna ou de tout autre personnage!
Alcide F. LeBlanc / [email protected]
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