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Le 1 mars 2006
Volume 38 Numéro 38
Le Voyageur

Le Grand Sudbury hésite à adhérer au projet de la Maison La Paix House

Par : William Levasseur
Editeur : Le Voyageur

Sudbury- La Maison La Paix House demandera 200 000 $ au Conseil de ville du Grand Sudbury pour la construction d’une nouvelle maison de soins palliatifs bilingue, et ce, même si le Conseil a refusé de signer une lettre appuyant le projet la semaine dernière.

À raison de six voix contre cinq, le Conseil a demandé à son personnel de se renseigner davantage au sujet de l’organisme. Il veut avoir plus d’information avant de décider s’il produira la lettre d’appui. Lors de la réunion du mercredi 22 février, certains conseillers ont manifesté des inquiétudes quant à l’administration et le financement de la Maison La Paix.

La conseillère du quartier 5, Frances Caldarelli, a des doutes quant à la viabilité financière du projet. Elle craint qu’après la lettre d’appui, la Maison La Paix viendra ensuite réclamer un financement annuel.

Le directeur général de la Maison La Paix, Léo Therrien, prévoit demander une somme de 200 000 $ à la Ville, mais rien d’autre. «Nous leur demandons de payer 9 % de la bâtisse», précise-t-il. «Nous ne leur demandons pas de fonds d’exploitation. Ils ne nous en donneraient pas de toute façon.»

À cet effet, M. Therrien indique que le ministère de la Santé et des Soins de longue durée accepte déjà de fournir près de 600 000 $ annuellement et que des discussions sont en cours, entre autres, avec FedNor pour obtenir d’autres fonds.

Un conseiller plutôt sceptique

D’autre part, le conseiller du quartier 1, Terry Kett, est préoccupé par la composition du Conseil d’administration de la Maison La Paix. Pour obtenir son appui, il faudrait que le Conseil compte déjà dans ses rangs des représentants de l’Hôpital régional de Sudbury, du Centre d’accès aux soins communautaires, du Centre régional de cancérologie et de l’Association des soins palliatifs.

«Ce qu’ils ont pour le moment, c’est un Conseil d’administration francophone catholique romain, et ce n’est pas acceptable», dit-il. «Ce que nous voulons ici, c’est un organisme communautaire au sens large, ce qu’ils ont refusé de faire», affirme M. Kett. «Alors, je n’encourage personne à appuyer un groupe qui ne travaillera pas avec les autres.»

La Maison La Paix a toujours offert un service dans les deux langues. En novembre 2005, l’organisme a changé son nom pour Maison La Paix House afin de devenir un organisme officiellement bilingue. Dorénavant, le Conseil d’administration de l’organisme est ouvert aux anglophones. Son mandat a aussi été modifié pour desservir toutes les personnes ayant besoin de soins palliatifs. «Nous avons un comité directeur composé de représentants de la communauté et du secteur de la santé», ajoute M. Therrien.

D’autre part, M. Kett accuse la Maison La Paix d’avoir deux administrateurs à temps plein. «Ça doit coûter très cher aux contribuables qui payent présentement le salaire de deux administrateurs à temps plein pour quatre lits. Ces gens-là ne traitent pas les patients.» Le conseiller ne croit pas non plus que l’établissement fonctionne à pleine capacité.

«Ça, ce n’est pas vrai», rétorque M. Therrien. «Il y a seulement un directeur ici, c’est moi, et je n’ai même pas de secrétaire. L’autre, c’est la coordonnatrice des soins qui est ici de 8 h à 16 h et elle est seule à s’occuper des mourants pendant ce quart de travail», dit-il.

Pour ce qui est du nombre de lits occupés, il y a toujours une période de temps après un décès avant que l’hôpital réfère un autre patient. «C’est vrai que ce n’est pas toujours plein. Les gens meurent, alors les lits se vident», remarque M. Therrien. Il explique que trois personnes sont décédées en janvier en l’espace de huit jours. Deux nouveaux patients ont été admis depuis et un troisième le sera d’ici la publication de cet article.



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