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Le 29 avril 2005

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L’AFY: intervenante dans la poursuite de la communauté franco-ténoise

Par : Annie Savoie
Editeur : L'Aurore boréale

Près de six ans après en avoir fait la première demande, l’Association franco-yukonnaise (AFY) est maintenant intervenante dans la poursuite de la Fédération franco-ténoise et autres instances contre les gouvernements des terrritoires du Nord-Ouest et du Canada.

Jeanne Beaudoin, directrice générale de l’AFY, estime que l’organisme yukonnais peut contribuer à faire avancer les choses.

«Je crois que l’AFY apportera de nouveaux éléments pour la cause des T.N-O. La communauté francophone du Yukon doit tout autant défendre ses droits depuis les années 1980 ; on apporte donc des antécédents à la présente poursuite » explique-t-elle.

La FFT tente depuis des années de revendiquer les services en français auxquels ils ont droit dans un pays où le français est une langue officielle. Depuis la mise en œuvre de la Loi sur le bilinguisme, le gouvernement fédéral a délégué le dossier des services en français aux gouvernements provinciaux et territoriaux, sans se soucier de ce qui allait arriver… Aucun règlement ne fût créé pour assurer la survie des services en français, aucun suivi n’a été effectué. C’est pour cette raison que la FFT poursuit les deux paliers de gouvernement : le fédéral, pour avoir laissé tomber le gouvernement territorial, et le gouvernement territorial, pour avoir laissé tomber les francophones.

Dans une lettre adressée au comité de révision sur la Loi sur les langues officielles, M. Fernand Denault, président et porte-parole de la FFT, résume bien en sept points la position de la FFT dans le dossier :

• le français est légalement et constitutionnellement égal à l’anglais,
• le gouvernement du Canada détient l’obligation de mettre en œuvre ces droits;
• conséquemment il accepte depuis 1984 d’assumer tous les coûts reliés à la prestation de services en français par le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest;
• parce que le GTNO s’engage à offrir des services en français, le gouvernement fédéral consent par ailleurs à subventionner les langues autochtones aux TNO (ce qui ne se fait nulle part ailleurs à une telle échelle);
• le gouvernement territorial refuse toutefois de d’offrir ces services en français
• mais il encaisse depuis 18 ans les millions dédiés au français, et les millions dédiés aux langues autochtones;

« La communauté en appelle à la responsabilité de l’autorité gouvernementale territoriale pour prendre action immédiatement et estime inacceptable et indécente toute annonce de délais additionnels pour accorder à la communauté francophone minoritaire les infrastructures jugées indispensables à la survie de la communauté tant sur le plan culturel et communautaire que scolaire », commente Fernand Denault, dans un récent communiqué de presse.

C’est que cette communauté fait face à des manques de fonds et d’infrastructures flagrants depuis maintes années. Il est très difficile d’obtenir des services en français à l’hôpital Stanton, il est presque impossible d’obtenir un permis de chasse en français, d’obtenir un permis de conduire en français, d’enregistrer la naissance d’un enfant auprès du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest en français les actes de naissance sont rédigés seulement en anglais. Au niveau scolaire, l’école francophone doit être agrandie incessamment pour pouvoir offrir une éducation adéquate à la population francophone grandissante. Les gens réclament, entre autres, un gymnase et des ateliers spécialisés dans le but d’offrir un programme scolaire plus complet et diversifié.

« La langue au travail de ses fonctionnaires manquant de règle de conduite de l’autorité gouvernementale, des communications et services en français quasi inexistants, des écoles francophones sous-équipées, la dévolution des pouvoirs sans consultation, cela en est de trop » lance Fernand Denault.

Une nouvelle date de procès vient d’être confirmée. La cause sera portée devant les tribunaux à Yellowknife le 6 septembre 2005. Maître Lepage, avocat de la FFT, étant en procès ces jours-ci, n’a pu commenter sur la question.

Du côté du Yukon, c’est le secteur de la santé qui souffre le plus du manque de services en français. Une poursuite est en train de prendre forme de ce côté. Une victoire signifierait une augmentation significative du nombre de postes désignés bilingues. Affaire à suivre…



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