North Battlleford-
Aujourd’hui au Canada, la plupart d’entre nous vivons l’existence privilégiée de ne jamais avoir eu à vivre la guerre à la portée de la main. Toutefois, il y a une minorité de gens que nous côtoyons qui ont vu, senti, touché et même goûter, à ce que c’est une guerre. Une de ces personnes est le colonel retiré Ghislain Bellavance. Malgré qu’il ne puisse pas, ni ne choisirait, faire vivre à nos sens les atrocités des tueries, il se dédie à éduquer le public et à préserver le souvenir de ceux qui se sont sacrifiés.
Le dévouement de M. Bellavance a été souligné publiquement cette année. Au mois de novembre 2003, il a reçu l’annonce qu’il avait été choisi pour la Mention élogieuse du ministre des Anciens Combattants. Un nouveau prix que la Gouverneur Générale a permis d’être instauré afin de reconnaître les individus qui, depuis leur libération de service, ont démontré un engagement exceptionnel face aux services et aux soins offerts aux anciens combattants. Ainsi, en mai 2004, M. Bellavance s’est rendu jusqu’à Calgary pour recevoir les reconnaissances, les épingles et les agrafes qu’il ajoute à son uniforme déjà bien décoré.
Parmi ses plusieurs engagements soutenus auprès des vétérans, celui pour lequel il est le plus reconnu est son travail auprès de l’organisation Fonds du souvenir. Cette organisation non–gouvernementale fut créée en 1909 pour survenir aux coûts des enterrements et des tombes des vétérans qui sont morts sans économies. Depuis, 17 000 tombes ont été placées au Champ d’honneur national qui se situe à l’extérieur de Montréal et au-delà de 300 000 tombes ont été placées dans des espaces réservés aux vétérans dans la plupart des cimetières des villes du pays.
En 1989, la branche de la Saskatchewan du Fonds du souvenir n’existait plus depuis quelque temps. À l’aide de contacts et de prélèvements de fonds, M. Bellavance a été l’agent catalyseur pour redonner vie à l’organisation en Saskatchewan. Il ne compte plus les heures et les journées données pour rechercher l’identité de soldats morts sans famille et les voyages pour s’assurer qu’une tombe soit placée en leur honneur. En particulier, il souligne les nombreux anciens combattants autochtones qui, sans ce fond, seraient oubliés. Tous reçoivent la même pierre, « il n’y a pas de rang d’importance au ciel » explique-t-il.
Quinze ans plus tard, il est toujours impliqué avec les Fonds du Souvenir en Saskatchewan en plus d’avoir été vice-président pour l’Ouest pendant quatre ans, président national pendant deux ans et maintenant en train d’agir en tant que président sortant.
Il ne pense pas seulement aux défunts mais à la nouvelle génération aussi. En effet, cela fait six ans qu’il est président pour la Ligue des cadets de l’armée en Saskatchewan, la même auquel il avait participé en tant qu’enfant. Et à toutes les années près du 11 novembre, il prépare un témoignage pour plusieurs écoles de sa région. Enfin, il enrichit l’apprentissage en aidant l’instauration de la Société Historique des Battlefords en 1985 lorsqu’il y avait les célébrations du centenaire de la Rébellion. Il en est toujours le secrétaire-trésorier.
De plus, cela fait sept ans qu’il est Colonel Honoraire du régiment Nord Saskatchewan en tant que bénévole. Les régiments nomment des individus tel M. Bellavance pour assurer une continuité dans les forces d’aujourd’hui. Il agit comme conseiller, il aide à assurer les traditions et partage ses expériences et ses acquis.
En effet, de l’expérience, il en a eu. Il a travaillé 33 ans pour les Forces Armées Canadiennes. Parce qu’il est canadien français, il a commencé avec le régiment Royal 22e au Québec. « Je n’étais qu’un simple soldat » dit-il de ses débuts. Sa première expérience outre-mer était en Allemagne où deux de ses enfants sont nés. Mais ça sera la dernière fois que sa famille pourra le suivre pendant ses absences qui ont toujours durées entre 6 mois et deux ans. Il a servi aux Etats-Unis avec les Forces Américaines avant de se rendre en ce qu’il appelait l’Indochine, c’est-à-dire, le Vietnam, le Laos et le Cambodge. Lors de la guerre du Vietnam, il a même passé un séjour en convalescence à un hôpital de Saigon. D’autres missions de maintien de la paix l’attendaient à Chypres, en Égypte, en Israël et en Malaisie avec les forces de la Grande Bretagne. Parachutiste depuis 1960, il quitte le 22e en 1971 pour servir au Régiment aéroporté, ce qui l’oblige à passer beaucoup de temps aux Territoires du Nord Ouest.
En 1978, il ramène sa famille à son bercail, la région des Battlefords et lui est à Régina où il finit sa carrière comme le commandant de la Milice en Saskatchewan. C’est de chez lui que sa mission se poursuit, de s’assurer un respect et une compréhension du pourquoi certains ont tellement sacrifié. Le jour du souvenir, c’est pour lui « Un rappel du sacrifice de ceux qui ont combattu pour la liberté – si pas la nôtre, celle des autres, qui a autant de valeur. Un rappel de ce que la guerre fait au genre humain et que c’est important d’être prêt. Il faut respecter sa propre sécurité, sinon, nous risquons de la perdre... »