Publié le jeudi 29 avril 2010

Le RDÉE Canada entreprend un virage vert

Roger Lavoie, directeur général du RDÉE Canada, explique que son organisme entend être proactif au niveau de l’économie verte. (Photo: APF/Danny Joncas)
Danny Joncas
OTTAWA – Lorsque vient le temps d’aborder l’avenir du marché de l’emploi, tant les économistes que les gens oeuvrant dans le secteur des ressources humaines s’entendent pour dire que ce n’est qu’une question de temps avant que l’économie verte y occupe une place considérable. Tous, y compris les communautés francophones et acadiennes d’un bout à l’autre du pays, devront composer avec ces changements, d’où la nouvelle orientation que prend le Réseau de développement économique et d’employabilité (RDÉE) Canada.

Actif sur la scène nationale depuis une douzaine d’années au niveau du développement économique des communautés francophones et acadiennes, le RDÉE Canada, et ses douze bureaux provinciaux et territoriaux, ont convenu de consacrer davantage d’efforts à l’économie verte alors que l’on prévoit que les emplois en environnement auront la cote sous peu.

« Ça fait partie d’une réflexion coordonnée par un groupe de travail sur les besoins du réseau. On veut se donner une petite touche verte. On voit qu’il y a un potentiel de ce côté alors pourquoi ne pas positionner les communautés francophones et acadiennes vers ça », explique le directeur général du RDÉE Canada, Roger Lavoie, au sujet de l’importance accrue qui sera accordée à l’économie verte.

Comme le gouvernement fédéral a indiqué qu’il alignerait sa politique environnementale sur celle des États-Unis, où l’économie verte constitue déjà une priorité, le RDÉE a déterminé qu’il s’agissait là d’une avenue à explorer plus en profondeur.

« Pourquoi est-ce qu’on ne pourrait pas innover dans ce dossier? Déjà, certains RDÉE en Atlantique travaillent au niveau de l’énergie éolienne », ajoute Roger Lavoie.

Quelques projets en vue

Dans le cadre de ce tournant vert, deux initiatives sont déjà prévues du côté du RDÉE Canada. La première se veut un programme de formation visant à sensibiliser les gens à l’économie verte tandis que la seconde verrait l’implantation d’une ferme verticale à l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon.

Dans le cas du programme de formation, il s’agit d’un projet développé en partenariat avec la Fédération canadienne des municipalités, qui gère le Fonds vert du gouvernement fédéral, et l’Association des universités de la francophonie canadienne (AUFC).

L’initiative permettrait au RDÉE Canada d’offrir des ateliers de formation portant notamment sur l’économie verte aux employés de son réseau, aux employés municipaux de villes francophones situées à l’extérieur du Québec ainsi qu’au personnel des entrepreneurs intéressés par le projet.

En ce qui concerne la ferme verticale, il s’agit d’un projet-pilote réalisé en partenariat avec l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon et, par conséquent, le gouvernement français. Réalisé à plus petite échelle que ce que l’on voit habituellement, le projet résulterait en l’aménagement d’une ferme sur quelques étages, ce qui permet du même coup de réduire les coûts d’exploitation. Et comme l’accès à des légumes s’avère parfois problématique pour les résidents de Saint-Pierre et Miquelon, le projet serait bénéfique pour les habitants de l’archipel.

« On aimerait développer une expertise dans ce domaine sur un plus petit territoire avant d’implanter le tout ailleurs. On constate qu’il y a déjà un intérêt dans la région de Vancouver », affirme Roger Lavoie.

L’immigration francophone demeure prioritaire

Le virage vert ne signifie pas pour autant que le RDÉE délaissera ses autres dossiers. Par exemple, l’un des dossiers sur lequel l’organisme travaille depuis un certain temps déjà est l’immigration économique francophone.

Encore là, le RDÉE a travaillé de près avec l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon, qui peut assurer des liens plus étroits entre le Canada francophone et la France. Or, selon Roger Lavoie, il ne suffit pas convaincre la France d’envoyer de la main-d’œuvre au pays, mais il faut également inciter les entrepreneurs d’ici à avoir recours à cette main-d’œuvre.

« Les gens qui viennent ici veulent d’abord et avant tout un emploi. Une partie de notre mandat consiste donc à sensibiliser les entrepreneurs à l’immigration économique », explique le directeur général du RDÉE Canada en conclusion.

Publié en partenariat avec le RDÉE Canada

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