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Le 11 novembre 2004
Volume 33 Numéro 43
L'Eau vive

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Le cheminement d'une histoire : les vitraux de la paroisse St-Jean-Baptiste

Par : Estelle Bonetto
Editeur : L'Eau vive

Lors du lancement des célébrations du 50e anniversaire de la paroisse St Jean-Baptiste qui a eu lieu le 4 novembre dernier, les paroissiens et les paroissiennes ont pu admirer le premier épisode d’un ensemble de cinq vitraux dédiés à la lecture du Jugement dernier. Les concepteurs de l’oeuvre, Mme Sharon Pulvermacher et M. Rhéal Laroche, « se confessent ».

Une véritable fable, grandeur nature, se dessine dans le sanctuaire de la paroisse St Jean-Baptiste de Regina.

« Tout a commencé il y a deux ans et demi », se souvient Rhéal Laroche, artisan-vitrier, qui réalise, du bout de ses doigts habiles, morceau par morceau l’oeuvre magistrale. « L’année dernière Sharon Pulvermacher et moi-même avions approché le Conseil paroissial pour leur proposer notre projet. Les célébrations du 50e ne flottaient pas encore dans l’air, malgré tout, l’initiative a été reçue d’un très bon oeil ».

Les deux complices, qui se nomment également l’artiste et l’artisan, ont commencé alors un véritable périple au pays de la création et de l’imagination. « Je voulais que les gens pensent à leur spiritualité de façon concrète. En même temps, c’est avec simplicité que je désirais toucher les paroissiens », déclare Sharon Pulvermacher. Mme Pulvermacher, détentrice d’un Bac en Beaux arts, a su marier son amour pour l’art à celui de la religion. « Il y a beaucoup de recherche derrière cette oeuvre. Je pensais tout d’abord illustrer les Béatitudes puis finalement j’ai opté pour le symbolisme très riche et concret du Jugement dernier ».

L’inspiration divine pour Mme Pulvermacher est venue d’un ouvrage de Jean Vanier dans lequel celui-ci déclare : « Si vous voulez changer le monde laisser entrer dans votre cœur une personne. » D’après cette simple leçon de vie, l’artiste a pu transformer sa vision en une fresque émouvante.

(...)j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; car j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire; j’étais étranger et vous m’avez recueilli, j’étais nu et vous m’avez vêtu, j’étais malade et vous m’avez visité, j’étais en prison et vous êtes venus vers moi. *

Les actions ainsi représentées sont relativement évidentes et invitent une immédiate réaction de la part du spectateur. Certains éléments clés de la pièce se découvrent au fur et à mesure. On aperçoit ainsi les couleurs des Prairies, les rayons d’énergie qui émanent du Christ. Toutes les couleurs sont soigneusement choisies pour parfaire les messages exprimés par l’oeuvre. Autant d’indices minutieux qui viennent enrichir la pièce, unique en son genre.

Des heures et de l’art

Un travail minutieux, que Rhéal Laroche décrit avec autant de précision. « Cela fait maintenant quatre ans que je me suis initié à l’art de la verrerie. À vrai dire, j’en ai toujours rêvé. Puis, un jour, grâce à un cours suivi au Neil Balkwill Centre de Regina, j’ai transformé ce rêve en réalité ».

Menuisier de formation, M. Laroche su dès le départ que son amour pour le bois sera égal à celui du verre. Un projet de cette envergure ne lui faisait pas peur même si les heures de travail investies ont représentées plusieurs journées passées à l’ombre de son sous-sol où son studio est installé. Des heures, léguées généreusement pour le bien de la cause. « Les seuls coûts engagés ont été ceux des matériaux et du service d’un électricien, soit environ 3 600$, tout le reste est bénévole », affirme M. Laroche.

Un travail de fourmi

M. Laroche précise qu’il va utiliser en tout et pour tout 1500 pièces de verre qu’il faudra coudre les unes aux autres d’un fil d’étain. « à l’aide de deux patrons, c’est-à-dire la maquette du dessin, je taille tout d’abord les pièces de verre qui sont chacune numérotée par couleur et par emplacement. Nous avons utilisé 36 couleurs de vitre différentes pour ce projet. Par le biais de nombreuses étapes, on en arrive à souder les pièces les unes aux autres avec du plomb ».

L’erreur est fatale avec ce genre de matériau et la précision est de rigueur, il en va de même pour la sécurité. « Il faut prendre toutes sortes de précautions avec les substances toxiques et dangereuses dont on fait usage. L’utilisation du plomb par exemple, interdit que l’on consomme eau ou nourriture pendant sa manipulation. Ensuite la poussière de verre ne doit pas être inhalée, autrement elle pourrait endommager les poumons, ni même touchée car les casseaux de verre coupent ».

Ce sont les risques du métier qui n’empêchent pas Rhéal de vouloir continuer sur sa lancée. « J’ai entamé le deuxième panneau déjà et je m’attends avoir fini le reste d’ici la fin de l’année du 50e. Au départ, l’objectif était de dévoiler l’ensemble des panneaux d’un seul coup, ce qui n’a pas été possible. Du reste, les gens sont reconnaissants de suivre petit à petit le cheminement de l’oeuvre ».

La paroisse peut donc se réjouir d’abriter un tel joyau fait de l’esprit et de mains de maître et qui saura toucher l’âme de ceux et celles qui la contempleront. Les panneaux, montés sur vis, pourront suivre la paroisse où qu’elle se déplace.

* Tirés des Évangiles selon Saint Matthieu (35,36)



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