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Publié le mercredi 2 mars 2011
Le ministère de la Santé et des Affaires sociales fait piètre figureNicolas Lemieux
Le rapport présenté le 15 février par la vérificatrice générale Sheila Fraser dresse un portrait peu reluisant des programmes et des services du ministère de la Santé et des Affaires sociales.
Les conclusions du rapport sont alarmantes : le Ministère n’établit pas d’objectifs précis pour ses programmes et ne dispose pas des moyens pour en assurer la surveillance et en mesurer les résultats; le Ministère administre ses ressources financières sans classer ses priorités par ordre d’importance, sans fixer d’échéances ni de cibles pour les respecter; la planification des ressources humaines du Ministère laisse à désirer alors que 20 % de ses employés pourraient prendre leur retraite au cours des cinq prochaines années. En conférence de presse, madame Fraser a précisé que son rapport ne devait pas être compris comme une évaluation de la qualité des soins de santé au Yukon : « Nous ne pouvons dire si les Yukonnais reçoivent des soins de santé d’une qualité comparable à ceux que reçoivent les autres Canadiens. Nous avons porté notre attention sur le travail du Ministère. » Le bureau de la vérificatrice générale (VG) s’est toutefois prononcé sur le coût de ces services. Au cours des cinq dernières années, les dépenses totales du gouvernement du Yukon en service de santé ont augmenté de 47 %. D’ici 2018, la croissance des dépenses en soins de santé pourrait entraîner des coûts dépassant de 250 millions de dollars les revenus du gouvernement. « Les dépenses en santé augmentent partout au pays. Pourtant, le gouvernement fait peu d’efforts pour mesurer et réduire l’augmentation des coûts », a affirmé madame Fraser. Elle a notamment déploré que le Ministère ne dispose pas de mesures de rendement et d’évaluations des risques fondées sur des données fiables qui lui permettraient de mieux administrer ses ressources financières. L’équipe de la vérificatrice générale a également constaté que le Ministère avait dépensé plus que ses deux derniers budgets, tels qu’adoptés par l’Assemblée, ne le permettaient. Ainsi, le Ministère a contrevenu à la Loi sur la gestion des finances publiques, qui interdit aux ministères de dépasser leur budget. Le rapport a fait l’objet de controverse avant même sa présentation, car le gouvernement du Parti du Yukon avait refusé que la vérificatrice générale présente son rapport devant l’Assemblée législative et réponde aux questions des députés. En lieu et place de cette présentation publique, la VG a expliqué les lignes directrices du rapport aux journalistes locaux, répondu à leurs questions et a ensuite déposé le document devant l’Assemblée. Sur papier, le Ministère a acquiescé à toutes les recommandations de la vérificatrice générale et s’est fixé une échéance de deux ans pour s’y conformer. Pourtant, à l’Assemblée législative, le premier ministre Fentie cherchait à minimiser la portée du rapport de la vérificatrice générale, affirmant que Sheila Fraser et son équipe n’émettaient rien de plus que des opinions. Pressé de questions par l’opposition, le premier ministre a récité la liste des accomplissements de son gouvernement, en concluant qu’en matière de santé, « l’opposition déforme le message de la vérificatrice générale et n’a rien d’autre à offrir que des critiques sans fondement. »
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