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Publié le mercredi 16 mars 2011
L’Acadie est anglophone pour Service CanadaDanny Joncas (APF) et Jacinthe Laforest
L’agence fédérale Service Canada désigne dorénavant la région administrative de l’Atlantique comme étant unilingue anglophone. La confirmation est venue de Liseanne Forand, sous-ministre déléguée de Service Canada, lors de la réunion du comité parlementaire des langues officielles du mardi 8 mars.
«La structure administrative de la région de l’Atlantique est unilingue, c’est vrai. Cependant, la province du Nouveau-Brunswick est une province bilingue», a-t-elle indiqué en réponse à une question du député d’Acadie-Bathurst, Yvon Godin. Cette déclaration n’a pas manqué de faire réagir le coloré député. «Vous êtes en train de me dire que l’Atlantique est désigné unilingue», lui a aussitôt répondu M. Godin. Plus tard, en entrevue avec l’APF, le député néo-démocrate précisait qu’il allait déposer une plainte auprès du Commissariat aux langues officielles à cet effet. «Je pense très fortement que Service Canada viole la partie VII de la Loi sur les langues officielles en agissant de cette façon, parce que la population n’a pas été consultée et il ne s’agit certainement pas d’une mesure positive», avançait-il. Toutefois, Liseanne Forand soutient que même si la région administrative est désignée comme étant unilingue, ce qui signifie que des cadres unilingues anglophones peuvent occuper certains postes, Service Canada continue quand même d’offrir des services dans les deux langues officielles à ses bureaux désignés bilingues. «Du côté administratif, la région de l’Atlantique est une région unilingue mais, encore par les dispositions de la Loi sur les langues de travail, il y a une obligation de pouvoir superviser, dans la langue du choix, des postes bilingues», dit-elle. Malgré tout, les parlementaires et certains organismes qui ont réagi à cette restructuration, dont la Société Nationale de l’Acadie, s’expliquent mal comment des cadres unilingues anglophones peuvent justement superviser et évaluer le travail d’employés bilingues puisqu’ils ne comprennent pas le français. «Nous trouvons inacceptable qu’en 2011 Service Canada considère l’Acadie comme une région unilingue anglophone et permette à des gestionnaires-cadres unilingues anglophones d’occuper des postes désignés bilingues. Faut-il encore, en 2011, rappeler au gouvernement fédéral notre existence et celle de la Loi sur les langues officielles?» a déclaré Françoise Enguehard, présidente de la Société Nationale de l’Acadie. La SNA s’insurge «Est-ce que les Acadiens et les francophones du pays devront se battre sur chaque dossier fédéral pour faire respecter la Loi sur les langues officielles par le gouvernement en place? Nous sommes très inquiets de la situation et nous invitons Service Canada à réviser sa position sur la question de désigner l’Acadie comme région unilingue anglophone», d’ajouter Françoise Enguehard. La Société Nationale de l’Acadie est également déçue que ses organismes membres n’aient pas été consultés à propos de ces changements. Rappelons que plus de 400 000 francophones habitent en Acadie de l’Atlantique, soit tout près de 20 % de la population. La SSTA est inquiète À la Société Saint-Thomas-d’Aquin, la vice-présidente, Maria Bernard, se dit très inquiète des conséquences que cette restructuration aura sur les employés de Service Canada. «Il est tout à fait inacceptable de penser que les employés ne seront plus en mesure de parler et s’exprimer en français à leurs superviseurs.» C’est pour elle un pas vers l’arrière qui est tout à fait injustifiable. «On ne peut pas prétendre que la région de l’Atlantique est unilingue anglophone. Il y a plus de 450 000 francophones dans l’Atlantique et les francophones de l’Île-du-Prince-Édouard ne peuvent pas accepter une telle décision. Ceci aura un impact sur les services offerts dans les bureaux de Service Canada.» Il est très alarmant de penser que les services offerts en français aux citoyens de l’Île-du-Prince-Édouard soient mis autant en danger. La province de l’Île-du-Prince-Édouard est particulièrement touchée en raison de son nombre limité de citoyens francophones. «Il est absolument crucial pour les francophones de l’Île-du-Prince-Édouard que leurs droits soient respectés et qu’ils puissent être rassurés que leurs services en français ne soient pas affectés», conclut la vice-présidente, Mme Bernard. Enfin, en ce qui concerne les bureaux qui seront fermés le 31 mars, il s’agit de bureauxdits «communautaires» et les services y étaient assurés par une tierce partie. Les communautés concernées seront plutôt desservies à l’avenir par un service «mobile», c’est-à-dire qu’un employé d’un autre bureau de Service Canada se rendra de façon régulière dans ces communautés pour offrir des services. Au bureau de Wellington de Service Canada, ouvert chaque avant-midi au Centre Accès Î.-P.-É., personne n’a reçu d’avis de fermeture ni de directives concernant les services. Ce serait la même chose au bureau de Summerside.
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