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Le 27 juin 2005

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La IOC récipiendaire d'un prix environnemental

Par : Geneviève Génier Carrier
Editeur : Le Gaboteur

Labrador CIty- La compagnie minière IOC a obtenu le prix environnemental Great Blue Heron Award 2004 pour son projet de développement de milieux humides autour de ses plateaux de résidus miniers à Labrador City.
Active dans l’Ouest du Labrador depuis 1954, la IOC emploie aujourd’hui près de 1700 personnes à Labrador-Ouest et Sept-Îles. Les résidus miniers s’étalent sur 12 000 hectares. Dans sa politique environnementale, la IOC reconnaît l’importance de réparer l’impact destructeur de l’extraction du minerai afin de laisser un héritage positif à la communauté.
Le Great Blue Heron Award est décerné à travers l’Amérique du Nord par le Plan nord-américain de la gestion de la sauvagine (PNAGS). Il récompense les compagnies et organismes dont certains projets ont un impact majeur à long terme sur la conservation de la vie sauvage.
Développé en partenariat avec le Plan conjoint des habitats de l’Est (PCHE), le projet Des résidus à la biodiversité vise à développer des milliers d’hectares de nouvel habitat pour les oiseaux migrateurs et diverses autres espèces au cours des 40 prochaines années. Il consiste essentiellement en la création d’une mosaïque de milieux humides et de milieux secs arborant différents types de végétation.
Traditionnellement, on plante du gazon sur les plateaux de résidus miniers afin de stabiliser le sol et diminuer la poussière. Ce sol étant très peu fertile, la nature y prend difficilement le dessus. Depuis plus d’une quinzaine d’années, la IOC a enclenché un projet de reboisement consistant à planter des arbustes ou des arbres sur les plateaux.
L’étang artificiel Patterson attirait déjà des bernaches, des canards et d’autres oiseaux migrateurs. L’idée de développer des milieux humides est récente.
« Dans les 2 ou 3 ans passés, on a fait plusieurs tests et réalisé des plantations dans les zones entourant l’eau pour y augmenter le biodiversité » explique Lee Preziosi, responsable de la gestion environnementale chez IOC.
Actuellement, l’équipe environnementale de la IOC prépare un grand espace de résidus pour y semer du gazon en y ajoutant du foin. Elle prévoit planter cet été 5000 plants de blé de mer et de plantes aquatiques et réaménager de façon plus naturelle un canal reliant l’étang à un autre lac afin de créer un environnement propice aux poissons.
Selon son Rapport social et environnemental 2003, la IOC vise aussi la diminution de ses gaz à effet de serre, une meilleure efficacité énergétique, une réduction de la consommation de l’eau ainsi que la diminution de la poussière. Les chiffres de 2003 montrent néanmoins qu’au lieu de diminuer de 3,4 % entre 2002 et 2003, les émissions de gaz à effet de serre ont plutôt augmenté de près de 8,6 %. L’eau rouge fortement chargée de fer qui s’écoule dans le Lac Wabush est actuellement une préoccupation majeure.
Lee Preziosi soutient qu’il y a eu un profond changement au plan de la politique environnementale depuis que la compagnie Rio Tinto est actionnaire majoritaire. Récemment, elle a signé au côté des villes de Labrador City et de Wabush une entente municipale de gestion des zones humides avec le gouvernement provincial. Étant la troisième société minière au monde, cette multinationale doit maintenir une bonne image sur la scène internationale.
La IOC s’est engagée à développer un volet éducatif portant sur l’importance de la préservation des milieux humides. La IOC offre déjà des visites destinées à l’observation des différentes espèces qui fréquentent les plateaux. Elle est actuellement en démarche avec les élèves de 4e année de l’école primaire de Wabush pour tenter l’expérience l’automne prochain. En plus d’un contenu théorique en classe, l’activité comporterait une visite des milieux humides développés sur le site de la mine.
Les initiatives pour la protection environnementale et la biodiversité de la compagnie minière IOC sont encourageantes. Elles semblent témoigner d’une prise de conscience des impacts de l’industrie minière et de son caractère éphémère. La IOC devra néanmoins rebâtir ses liens avec la communauté de Labrador-Ouest qui lui reproche d’avoir diminué son implication dans le milieu.



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