Le 27 juin 2005
Le Gaboteur
Quelle importance pour l'immersion française?
Par : Andrée Bélanger
Editeur : Le Gaboteur
Saint-Jean-
En 2003, le gouvernement fédéral annonçait par l’intermédiaire du Plan d’action pour les langues officielles son intention de doubler en dix ans la proportion de diplômés du secondaire fonctionnellement bilingues.
Français de base
et immersion
C’est en réponse à ce défi que les conseils scolaires ont décidé de se concentrer sur les programmes de français de base. En effet, ce sont ceux-là qui concernent la majorité des élèves inscrits à des cours de français. De plus, les jeunes qui gradueront en 2013 sont déjà en 4e année, ce qui signifie qu’ils ont déjà passé les points d’entrée pour les programmes d’immersion précoce et moyenne. Enfin, les programmes de français de base, si fréquentés, sont inefficaces à former des finissants bilingues.
En effet, selon Canadian Parents for French, la moitié des élèves ayant suivi le programme de français de base jusqu’à la fin du secondaire se déclarait incapable de comprendre le français parlé.
Même en français de base enrichi, les objectifs demeurent assez loins de ceux fixés pour les programmes d’immersion. En effet, selon le ministère de l’Éducation de l’Ontario, à la fin du programme de français enrichi l’étudiant devrait être en mesure de se débrouiller au sein d’une communauté francophone ; celui ayant suivi le programme d’immersion devrait en plus être capable de participer facilement à des discussions ou de suivre des cours de niveau universitaire en français.
Les programmes d’immersion se révélant donc plus efficaces, mais moins achalandés, on envisage d’appliquer au français de base les principes qui font le succès de l’immersion, tout en maintenant le développement de celle-ci. Ces principes sont notamment davantage de temps alloué à la pratique du français parlé et une gamme plus vaste de cours offerts dans cette langue.
L’immersion chez-nous
À Terre-Neuve-et-Labrador, les programmes d’immersion française ont commencé en 1975 à Cap-Saint-Georges, dans la péninsule de Port-au-Port, grâce à la collaboration du conseil scolaire, de l’Église catholique et des parents. Cette option avait été envisagée en raison de l’absence d’école française à la disposition de la population francophone de la région à l’époque.
Deux ans plus tard, le Roman Catholic School Board de Saint-Jean instaurait le premier programme officiel d’immersion précoce de la province.
Aujourd’hui, ce sont 62 écoles qui offrent des programmes d’immersion en français, et ce dans 18 villes différentes.
M. Patrick Balsom, responsable des programmes de langues pour le ministère de l’Éducation de Terre-Neuve-et-Labrador, explique que si c’est le gouvernement qui est en charge d’élaborer des programmes pour l’immersion et de veiller à la planification séquentielle, ce sont les conseils scolaires qui détiennent la responsabilité d’établir ou non ces programmes. Toutefois, s’ils choisissent en effet d’en établir, ils ont droit à l’appui des gouvernements fédéral et provincial pour la mise en œuvre initiale.
La même situation prévaut en ce qui a trait à la répartition du temps alloué à chacune des matières. En effet, le ministère transmet ses recommandations, mais ce sont les conseils scolaires qui adaptent ces suggestions en fonction de leurs besoins spécifiques.
Terre-Neuve-et-Labrador est une des provinces où le plus de jeunes s’inscrivent en immersion, surtout si on considère la densité de la population anglophone. En fait, avec son taux de 7 % d’inscriptions aux programmes d’immersion, elle se situe devant toutes les cinq provinces à l’ouest du Québec.
M. Balsom constate même une hausse de la participation générale aux programmes d’immersion.
En effet, chaque année de nouvelles écoles offrent l’immersion et de plus en plus d’élèves s’y inscrivent. De plus, de nouveaux programmes sont mis en place, comme par exemple celui de français intensif en 6e année.
M. Balsom souligne que les jeunes Terre-neuviens sont particulièrement participatifs en ce qui concerne l’immersion ou les stages en français.
D’ailleurs le gouvernement provincial est déjà en train de mettre sur pied un programme d’échanges individuels avec le Québec, dans le cadre duquel des jeunes pourront aller passer trois mois au sein d’une famille québécoise tout en allant à l’école en français, alors que de jeunes Québécois feraient de même ici, mais en anglais.
Aussi M. Balsom estime que Terre-Neuve-et-Labrador est une province particulièrement bien placée pour répondre aux objectifs fixés pour 2013 par le gouvernement fédéral, puisque sa planification en matière d’enseignement reflète déjà ces ambitions.
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